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Un projet controversé

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<i><b>Projet de Monument du Souvenir par E. Méot. (Collection Musées de Langres)</b></i>

Projet de Monument du Souvenir par E. Méot. (Collection Musées de Langres)

Dès le 21 novembre 1918, le conseil municipal valide l’érection d’un monument à la mémoire des soldats morts au champ d’honneur. Le 28 décembre, il propose de rendre hommage à tous les soldats de l’arrondissement. Une commission provisoire est désignée pour « se mettre en rapport avec les Maires des différents cantons de l’arrondissement qui pourraient faire partie du Comité définitif. » Le projet est rapidement abandonné car chaque commune souhaite honorer ses propres héros.

Le conseil municipal décide par conséquent de se limiter aux soldats Langrois. Le 15 octobre 1919, une délibération confie l’avant-projet à l’architecte langrois Edmond Méot. Ce dernier livre le dessin d’un mausolée adossé à la tour du Petit-Sault et précédé d’un jardin aménagé sur les glacis. Hélas, ce projet échoue à rassembler la population car beaucoup trouvent l’emplacement mal choisi. Il est situé à l’extérieur des remparts alors que la population préfère un monument intra-muros.

Le 5 mai 1920, au cours d’une séance épique du conseil où chacun tente de concilier les points de vues, les esprits s’échauffent et l’architecte Méot fini par retirer son projet. Le 10 juillet, revenant sur sa décision, l’architecte accepte de soumettre à nouveau son projet au vote du conseil. Il obtient la majorité des voix, le projet va pouvoir être lancé. A la sortie du conseil, une intervention extérieure vient chambouler la décision : « un tract anonyme, qu’on ne saurait trop blâmer, répandu à profusion, a invité la population à ne pas souscrire ». (Délibérations du 19 juillet 1920). La municipalité ne souhaite pas prendre le risque d’un financement insuffisant, le projet Méot est abandonné.

Le conseil municipal décide alors de confier la question du monument à « un comité extra-municipal, constitué par les soins des Associations des Anciens Combattants et des Mutilés de la Guerre ». L’initiative obtient l’adhésion du public et le Comité recueille 60000 francs par souscription. Le conseil municipal décide de compléter cette somme avec une subvention de 15000 francs. (Délibérations du 13 novembre 1920)

En octobre 1921, le concours d’architectes lancé pour la réalisation est remporté par deux artistes parisiens : Georges Saupique et Aristide Rousaud. Ils réalisent les différentes parties dans leur atelier. Le comité choisi pour emplacement la place de l’Hôtel-de-Ville (actuelle place de Verdun). Pour cela il faut déplacer un monument érigé à Auguste Laurent, brillant chimiste né à La Folie près de Langres. La décision est prise d’installer le buste place Saint-Ferjeux. Le montage du monument commence à la fin du mois de septembre. Tout semble se dérouler comme prévu.

Pourtant, le 24 octobre 1922, le conseil municipal trouve à redire sur l’esthétique du monument livré : « Lourdeur de l’ensemble, dissemblance entre l’exécution, le projet et la maquette, notamment en ce qui concerne le sujet qui domine le Monument et les deux allégories qui l’encadrent, et nudité de l’allégorie représentant la Marne. » Hélas, la date de l’inauguration est déjà fixée et malgré les protestations, les modifications apportées ne peuvent qu’être minimes…

Le 12 novembre 1922 le monument aux Morts ainsi qu’une plaque commémorative fixée au collège Diderot sont inaugurés en présence du Ministre de la Justice, Jean Colrat. Une subvention de 6000 francs avait été votée pour l’organisation de la fête, elle se termine par une illumination et un embrasement du monument.

Le 25 novembre, le conseil municipal nomme une commission destinée à examiner les modifications qui pourraient être apportées. Le 30 avril 1923, elle propose de demander aux artistes de « Rendre, autant que faire se peut, conforme à la maquette, le motif supérieur du Monument […] Supprimer les deux allégories actuelles et les remplacer par d’autres conformes à celles qui encadrent la maquette » si cela n’est pas possible « les remplacer, à la partie inférieure, par des couronnes, palmes, lauriers ou trophées ».

La demande restera lettre morte et le monument aux Morts ne subira aucune modification.