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Le triomphe de la générosité américaine

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<i><b>Le président américain Woodrow Wilson à Hûmes lors de la revue de troupes organisée en décembre 1918</b></i>

Le président américain Woodrow Wilson à Hûmes lors de la revue de troupes organisée en décembre 1918

L’un des premiers actes officiels lié à l’arrivée des troupes américaines à Langres est une délibération du conseil municipal en date du 14 novembre 1917. Elle donne un avis favorable à la cession par les Hospices de Langres à l’Etat d’une parcelle située « Aux Carmes » à proximité du cimetière de Langres. Ce terrain doit servir « à l’installation d’un cimetière à affecter à l’armée américaine ». Près d’un an plus tard, cette parcelle devient trop exiguë et il faut céder à l’armée américaine un terrain situé aux Franchises à proximité de l’Hôpital américain n°53 (Délibérations du 7 octobre 1918).

Dès leur arrivée, les Américains s’impliquent dans la vie de la cité, n’hésitant pas à mettre leur vie en danger quand ils jugent cela nécessaire. Ainsi, lorsque le dimanche 18 novembre 1917 un incendie se déclare, les soldats américains viennent en aide aux pompiers pour participer à l’extinction du feu. « Chacun fit son devoir et on nous signale surtout la conduite de trois ou quatre soldats alliés qui, bravant l’incendie et s’installant en des endroits très dangereux, firent l’admiration de tous. » (Le Spectateur, 21 novembre 1917)

L’armée américaine ne se contente pas de fournir des hommes, elle débarque également avec un matériel à la pointe de la technologie. Lorsque les soldats américains arrivent à Langres, ils installent de nombreuses infrastructures qui leur permettent de vivre en autonomie. Ils ont leurs baraquements, leurs centrales électriques, et prennent possession du réseau d’eau potable qui alimente la ville depuis Brévoines pour le moderniser. La municipalité en profite pour passer une convention stipulant que la Ville pourra récupérer les infrastructures après le départ des Alliés, mais aussi que les personnels municipaux seront formés à l’utilisation de ces nouvelles machines.

Au printemps de l’année 1918, le Secrétaire d’Etat Américain à la Guerre (équivalent du ministre des Affaires Etrangères) Newton Baker vient en France pour une visite d’inspection des Forces Expéditionnaires Américaines. En compagnie du général John Pershing, il fait le déplacement à Langres et en profite pour passer en revue les premiers diplômés des écoles de guerre américaines. Cette visite importante est saluée par la municipalité qui décide d’en garder le témoignage dans le registre des délibérations du conseil (17 mars 1918).

Peu à peu, les Langrois s’habituent à croiser ces « Sammies » avec leurs chapeaux de scout et leur générosité naturelle. En témoignage de leur reconnaissance pour le sacrifice consenti à la défense de la Nation, les Langrois par l’intermédiaire du conseil municipal débaptisent la place Bel’Air pour lui donner le nom de place des Etats-Unis. Cette nouvelle dénomination commémore l’effort de guerre américain et la première célébration en France de l’anniversaire de la Déclaration de l’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique. Deux arbres sont plantés pour l’occasion sur la place, l’un est nommé « Verdun », l’autre « Etats-Unis » (Délibérations du 3 juillet 1918).

Budgétairement prise à la gorge par les dépenses liées à l’état de guerre, la municipalité a pour principale ressource les droits d’octroi perçus notamment auprès des militaires. L’arrivée des troupes américaines en remplacement des régiments français occasionne une importante perte de revenu pour la ville et nécessite de négocier un accord avec l’administration militaire américaine. Il prend la forme d’un abonnement à hauteur d’un centime par homme et par jour, pour une recette moyenne mensuelle de 150 francs. Peu habitués à ce genre de pratique, les Américains considèrent cette mesure « vexante ». Devant l’insistance du Représentant de l’Administration américaine, le conseil municipal consent par délibération du 28 décembre 1918 à libérer les troupes américaines de cet impôt « dans un sentiment patriotique de reconnaissance pour les sacrifices consentis par la Noble Amérique » afin de ne pas choquer le « soldat de la libre Amérique ». Le conseil municipal recevra les remerciements du général Pershing le 5 mai 1919 pour « Cette marque de généreuse courtoisie, s’ajoutant à l’accueil excellent que les officiers et soldats américains ont toujours reçu à Langres »

En décembre 1918, le président américain Woodrow Wilson fait le voyage en France pour assister à la conférence de la Paix à Paris (12 janvier 1919). Le 25 décembre 1918 il passe en revues les troupes américaines en compagnie du général Pershing dans un champ à proximité de Hûmes. C'est la première visite à l'étranger d'un président américain en exercice.

Si les Langrois s’attachent à ces Américains qu’ils côtoient au quotidien, ces derniers leur rendent la pareille. Le 9 mars 1919, sur demande déposée par le Lieutenant colonel Hart, Médecin Chef de l’Hôpital Américain n°53, le conseil municipal autorise le personnel médical américain à porter comme insigne sur le bras gauche les armes de la ville de Langres. Pour la plupart, les Américains vont garder un bon souvenir de leur séjour à Langres.